Alima Boumédiene-Thiery
Bonjour,
Je représente ici les parlementaires Verts, notre soutien à cette campagne et à la situation de Salah Hamouri.
En ce qui concerne ces problèmes je ne reviendrais pas sur tous les détails dont tu as parlés, mais je crois qu’il faut mettre l’accent sur la violation continuelle des conventions, du droit international, du droit humanitaire et des droits de l’homme en général.
Lorsque l’on regarde les conditions d’incarcération, les conditions de détentions intolérables, mais aussi les mauvais traitements, et toutes les atteintes à la dignité humaine qui sont faites. Il y a des règles en droit qui nous permettent de réagir.
Et lorsque l’on a des réponses qui nous disent que « c’est de l’ingérence, on n’a pas le droit d’intervenir ». Moi je dis, si, nous avons un devoir d’ingérence parce qu’il y a un droit international qui justement nous permet d’intervenir.
Notamment, il y a en droit international une procédure diplomatique qui existe et qui nous permet de dire qu’un Etat peut intervenir aux côtés de ses citoyens, pour justement le protéger, le défendre face aux risques d’atteintes aux droits humanitaires, à la dignité humaine.
Et je crois pour cela que nous devons mener notre combat au nom du droit et du devoir d’ingérence pour le respect du droit international ;
D’autre part, je voudrais dire un mot sur l’ensemble des prisonniers et en particulier sur les 43 parlementaires qui sont aujourd’hui en prison. Beaucoup d’entre eux ont été arrêtés en Palestine et déplacés en Israël.
Il y a, là aussi violation du droit international, puisqu’ils se sont fait arrêter en Palestine, c’est-à-dire dans leur pays, chez eux en Palestine, et que l’on les a emmenés, qu’on les a déplacés en Israël pour les juger.
Nous avons demandé à la Knesset, et également au Ministère de la Justice en tant que parlementaire et membre du Comité des Droits de l’Homme de l’Union Inter-Parlementaire des Nations-Unies, d’aller rendre visite à ces parlementaires.
Cette visite, il y a encore un mois nous a été refusée, alors que dans beaucoup de pays on est autorisé à y aller, et pas dans les pays les plus démocratiques, je peux vous le dire.
Il faut dire que quand les parlementaires sont en prison ce n’est pas toujours le bon exemple.
Il y a un problème démocratique et de respect du droit international.
Il y a un deuxième point, c’est que l’Union Inter-Parlementaire, a laquelle j’appartiens, vient d’adopter hier en assemblée plénière la reconnaissance officielle du Conseil Législatif Palestinien, comme un parlement à part entière dans l’Union Inter-Parlementaire.
Cela a été quand même une haute lutte qui a permis depuis hier de dire que le Parlement Palestinien est un Parlement comme un autre parlement. Aujourd’hui, il appartient aux 150 Parlements qui sont reconnus dans cette grande Union Inter-Parlementaire, et les parlementaires qui sont en prison sont des parlementaires de l’UIP ;
Et cela est un vrai combat que l’on doit continuer à mener, on ne peut pas accepter d’un côté avoir au sein de cette UIP des parlementaires israéliens et de l’autre des parlementaires palestiniens en prison, alors que nous sommes dans la même assemblée.
Il y a un vrai problème à régler.
Enfin, et pour terminer, je crois que nous devons très rapidement rappeler à notre Gouvernement qu’il ne peut pas avoir deux poids deux mesures, puisque le Ministre des Affaires Etrangères mène lui-même campagne pour la libération du jeune Guilad Chalit, il a reçu ses parents.
N’oublions pas que ces deux jeunes sont français, mais que Monsieur le Ministre n’a toujours pas reçu les parents de Salah Hamouri.
Alima Boumédiene-Thiery
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