Le Comité de Marseille écrit à Claude Guéant...

Monsieur

Clothilde va être libérée, nous nous réjouissons de son retour dans sa famille qui va enfin pouvoir la retrouver libre ! Nous nous associons à leur soulagement et à leur bonheur !

Nous vous remercions de rappeler au Président de la République qu'il lui appartient de confirmer maintenant aux yeux de nos concitoyens, que la France s'intéresse de la même manière à l'ensemble de ses enfants, y compris lorsque l’un d’entre eux s’appelle Salah !

En outre, nous sommes convaincus qu'existent au sein de l'Élysée, du Quai d'Orsay et plus largement dans notre pays suffisamment de brillants juristes pour expliquer au Président et au Ministre des Affaires Étrangères que si l'état israélien possède bien les instruments d'une démocratie pour ses citoyens, il n'en reste pas moins une puissance occupante qui impose une justice militaire aux Palestiniens occupés. Tout comme le disait Clémenceau, nous avons la faiblesse de penser que la "Justice militaire est à la justice ce que la musique militaire est à la musique".

Nous ne pouvons imaginer que les services du Consulat Général de France à Jérusalem, ou ceux de l'Ambassade de France à Tel-Aviv n'aient pas informé leur Ministère de Tutelle et l'Elysée des conditions du procès de Salah Hamouri et de sa condamnation sans preuve, sans témoin, sans crime ni délit, uniquement sur une supposition d'intention !

De plus, n'ayant pas eu connaissance d'une modification de la position officielle de la France quant à Jérusalem et la Cisjordanie, nous considérons donc que pour le Président et le Ministre des Affaires Étrangères elles sont toujours occupées.

De ce fait, le jugement de Salah Hamouri dans une colonie israélienne, sa détention sur le territoire de la puissance occupante sont illégaux aux yeux du droit international, en particulier des Conventions de Genève.

Nous avons tous en mémoire les interventions publiques de Nicolas Sarkozy, les paroles fermes utilisés lorsque nos compatriotes étaient détenus à la demande de la justice tchadienne, mexicaine ou iranienne. Nous savons donc qu'il s'intéresse aux français détenus à l'étranger et nous étonnons plus encore du silence incompréhensible observé dans le cas de Salah Hamouri.

Nous vous remercions donc de bien vouloir intervenir auprès du Président et du Ministre des Affaires Etrangères afin que la voix de la France rappelle à tous qu’un jeune français du nom de Salah Hamouri a, dans le cœur de la République, la même place qu’Eric Breteau, Florence Cassez et Clothilde Reiss.

Nous insistons particulièrement sur le fait qu’après sa libération Salah Hamouri puisse continuer à vivre auprès de sa famille à Jérusalem-Est, sur la terre de son père !

Nous souhaitons vivement une réponse à ce message que nous communiquons dès aujourd’hui à l’ensemble des Comités Salah Hamouri.

Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de nos salutations républicaines

R.F

Comité Salah Hamouri

Marseille et Bouches du Rhône.